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Marie Sciboz

8 juin 2020

Marie Sciboz

Les Elles de l'Ocean 2020 LDA

Le Groupe Louis Dreyfus Armateurs s’associe au Cluster Maritime Français (CMF) et à l’association Elles Bougent pour célébrer les femmes lors la Journée Mondiale de l’Océan 2020 à travers l’opération « Les ELLES de l’Océan ».

Cette opération « clin d’œil » a pour but de promouvoir la place des femmes dans la filière maritime et de sensibiliser les jeunes femmes aux opportunités de carrières dans les métiers liés à la mer.

Découvrez ci-dessous le témoignage de notre collègue navigante Marie Sciboz.

 

Interview

1/ Pourriez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Marie Sciboz et je suis Surveyor-Hydrographe pour Louis Dreyfus Armateurs depuis 2014.

 

2/ D’où vient ce déclic pour le monde de la mer / pour la navigation / pour la marine marchande ? Pourquoi ce choix ?

Mon père ayant une société de recherche d’épaves et d’expertise sous-marine, je nage dans le milieu maritime depuis mon plus jeune âge. Habitant en bord de mer, j’ai pratiqué la voile dès l’enfance et ai pris goût à la navigation au fil des années.

Habituée aux rythmes familiaux décalés et au plaisir des voyages, c’était une évidence pour moi de trouver un métier qui puisse combiner le tout : la Marine Marchande regroupe ces avantages.

 

3/ Quelles études avez-vous faites ? Quelle est votre formation ?

Ayant d’abord, à la sortie du bac, très envie de voyager, j’ai dû réfléchir à une formation dans le domaine maritime hors métropole. J’ai donc suivi une formation à l’Université de Nouvelle-Calédonie où j’ai obtenu le diplôme du DEUST Géoscience Marine.
Ensuite, il existe à Cherbourg la seule école en France formant des techniciens de la mer : le CNAM Intechmer. Très reconnue dans le milieu maritime, cette école m’a semblé être la plus appropriée pour allier navigation et océanographie. J’y ai donc validé un Bachelor Océanographe Prospecteur.

 

4/ Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce que j’aime le plus dans ce métier, c’est le « renouveau » systématique : chaque embarquement est différent des précédents, il y a toujours une phase où l’on découvre le navire, les collègues, les lieux… et puis ensuite tout s’enchaîne mais ne se ressemble pas.

Ce qui est aussi très appréciable dans ce métier est la véritable coupure autant à bord qu’à terre. Lorsqu’on part pour 2 mois, on est à 100% sur notre lieu de travail, qui devient notre lieu de vie et de détente. On ne doit s’occuper de rien d’autre.
Lorsqu’on est à terre, durant les 2 mois de congés, le principe est le même, on ne peut penser qu’à soi et à sa famille.
Si cela est un rythme contraignant, et pas évident pour tout le monde, cela permet d’être présent à 100% avec sa famille sur les temps de congés.

 

5/ Quel regard portez-vous sur la représentation des femmes dans le secteur maritime ?

La représentation des femmes dans le secteur maritime est en cours d’évolution, même si sûrement par effet de mode, mais reste très faible en proportion.
Si la Marine Marchande semble recruter de plus en plus de femmes en sortie d’école, le plus gros effort, à mon sens, porte sur la « longévité » de la carrière de la femme déjà navigante : le pourcentage de femmes au long cours au-delà de 30 ans reste très faible….

 

6/ Quels conseils donneriez-vous à des jeunes femmes pour les sensibiliser aux métiers de la mer ?

Maman de 2 enfants, bientôt 3, je souhaiterais dire à toutes les femmes qui naviguent que cela ne doit pas être un obstacle à la vie de famille et inversement.

Si parfois ce n’est pas toujours évident, il ne faut pas baisser les bras car c’est aussi une fierté de pouvoir allier son métier-passion à une vie de famille épanouie.
De nombreux marins au long cours sont pères de famille alors pourquoi ne serait-ce pas réalisable en tant que mères de famille ?!

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Merci Marie pour ce témoignage !