12 août 2026
Laure Leblanc – Chargée de relève
- Peux-tu nous résumer ton parcours et nous présenter ton poste actuel ?
Avant d’arriver chez LDA, j’ai été cheffe d’entreprise pendant 17 ans dans une société de services et de placement de personnel. J’y ai monté des parcours de formation pour développer les compétences en interne, géré des plannings complexes et développé la masse salariale à l’international. J’ai fini par céder cette société.
Le Covid est arrivé et j’en ai profité pour me former autrement : je suis partie en Roumanie faire une formation de manager dans la grande distribution. Ça m’a surtout permis de comprendre que le commerce, ce n’était pas pour moi. Je suis rentrée en France avec l’envie de me tourner vers le service, un secteur qui m’attirait depuis longtemps.
J’ai rejoint INTERPORT, une société de support maritime, pendant quelques mois. Pour mieux connaître le secteur, j’ai commencé des formations STCW, et j’ai cherché des embarquements pour valider mon temps de navigation. C’est en recontactant d’anciens clients que Daniel Gorrée m’a proposé, en mai 2023, de rejoindre LD Armateurs comme navigante.
J’ai embarqué de juin à octobre 2023 sur le Ville de Bordeaux. Cette expérience m’a fait comprendre le métier de marin de l’intérieur, ses contraintes, son quotidien. Le 4 décembre 2023, j’ai rejoint le siège en tant que chargée de relève, de planification et de recrutement du personnel navigant sur plusieurs navires.
- En quoi consistent ton rôle et tes missions ?
Il y a plusieurs volets dans mon poste. Le plus important, c’est la gestion des relèves : je planifie et prépare chaque rotation, demandes de visa, billets d’avion, instructions de route, lettres d’embarquement, en vérifiant à chaque fois la classe, le tarif, les horaires. Je supervise aussi les relèves du personnel étranger avec nos agences de manning, et il m’arrive de recruter du personnel navigant en freelance quand on a un besoin urgent.
Il y a aussi tout le suivi du personnel : j’anticipe les besoins en effectif, je suis les marins pour mieux planifier les embarquements, et je mène les entretiens professionnels du personnel navigant français. Et puis il y a la partie administrative et réglementaire : brevets, licences, demandes de reconnaissance, dérogations, dossiers des officiers étrangers. Je tiens à jour nos fichiers marins sur OCS-HR et je fais le lien avec le service formation pour les besoins en stage et le suivi des évaluations.
C’est un poste où tout est lié, donc il faut être rigoureuse et garder une vision d’ensemble.
- Qu’apprécies-tu tout particulièrement dans ton métier ?
C’est un métier très opérationnel, mais avec une vraie dimension humaine. Derrière chaque ligne de planning, il y a des personnes, des familles. Avoir été navigante m’aide à comprendre ça de l’intérieur, et ça donne du sens à ce que je fais. J’aime aussi le fait qu’aucune journée ne se ressemble : il faut rester agile, curieuse, et toujours chercher la meilleure solution possible.
- Quels sont les principaux défis que tu rencontres dans ton quotidien professionnel ?
Il y a d’abord la gestion des imprévus : annulations, changements de dernière minute, problèmes de visa ou de transit. Ça demande d’être réactive et de garder son calme. Ensuite, il faut coordonner plein d’interlocuteurs et de systèmes différents, donc communiquer clairement. Je dois aussi veiller à ce que les données restent fiables sur tous nos outils, pour éviter les erreurs de planning.
Il y a enfin un défi plus stratégique : maintenir un bon équilibre des compétences à bord de chaque navire. Ce n’est pas juste pourvoir un poste, c’est composer des équipages cohérents, en tenant compte de l’expérience et de la complémentarité de chacun, pour la sécurité et le bon fonctionnement du navire.
- Peux-tu nous parler d’un challenge marquant que tu as dû relever au cours de ta carrière et de ce que tu en as retiré ?
J’ai été chargée de projet métier lors du déploiement de notre nouveau logiciel de gestion et de planification des équipages. C’était un projet exigeant : il fallait remonter les besoins du terrain, participer à la structuration des process, et accompagner le changement auprès des équipes. J’ai eu le sentiment de contribuer à quelque chose qui dépasse ma mission individuelle, pour toute l’organisation.
- Quelle réalisation ou quel projet te rend le plus fier au sein de LDA ?
Réussir ma transition de navigante à chargée de relève au siège, en aussi peu de temps, c’est déjà une fierté. Avoir vécu la mer avant de planifier les rotations depuis la terre m’a donné un regard différent, complémentaire à l’équipe, et ça m’a permis de gagner assez vite la confiance de mes interlocuteurs, à bord comme au siège. Cette confiance, mes supérieurs me l’ont montrée en me confiant le projet OCS, ce qui a compté beaucoup pour moi.
Mais ce qui me rend fière au quotidien, c’est surtout d’appartenir au service équipage et d’y apporter ma pierre, dans la résolution des problèmes de tous les jours comme dans les projets plus importants. C’est avant tout un travail d’équipe : chaque dossier, chaque relève, chaque imprévu résolu, c’est le fruit d’une collaboration entre collègues, avec les commandants, avec nos partenaires. On va plus loin ensemble.
- Quelles sont les trois qualités nécessaires pour bien exercer ce métier ?
Rigueur, réactivité, sens de l’organisation. Et j’ajouterais l’écoute, indispensable pour bien comprendre les contraintes des navigants et des commandants.
- Quelle est ta devise ?
Une solution existe toujours, il suffit parfois de regarder les choses autrement.
Ou il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions qu’on n’a pas encore trouvées.